Il n'y a pas de bonnes équipes sans bons gardiens de but. Et le CSHL ne déroge pas à cette règle. Arbi Mejri est actuellement l'un des atouts du club banlieusard.
Toujours d'humeur enjouée, travailleur acharné, le gardien hammamlifois de l'équipe de Tunisie olympique s'est affirmé comme l'un des meilleurs gardiens tunisiens ; une sobriété dans les gestes qui n'exclut pas certains arrêts spectaculaires et de bons réflexes. A 22 ans, il a atteint l'âge où un gardien de but possède sa pleine maturité et reste un précieux rempart pour sa défense. Son placement, ses interventions dans les pieds des attaquants clubistes ou étoilés, la qualité de sa prise de balle ont conféré à Arbi Mejri, au CSHL et à l'équipe de Tunisie olympique une longueur d'avance sur leurs adversaires.
Mais il reste toujours aussi affecté lorsqu'il encaisse un but : «A chaque fois, c'est comme si on me dévalisait, explique-t-il. La surface de réparation est un peu ma maison. Les lignes et les poteaux, je les sens à moi. On a toujours le réflexe d'aller les toucher, de les taper du pied».
Le gardien hammamlifois a l'autorité et l'expérience - en dépit de son jeune âge - aussi bien avec le CSHL que l'équipe de Tunisie. On connaît son sens de l'anticipation sur les coups de pied qui a fait sa réputation.
Les qualités de Arbi Mejri sont énormes : son placement, sa détente, sa souplesse, sa prise de balle et évidemment l'anticipation qui, comme chacun sait, est primordiale. Il est également fort dans les face-à-face avec les attaquants. Il aime être toujours sous pression.
L'international hammamlifois, Arbi Mejri, est le gardien des grands défis. Il est de la race de ceux qui peuvent vous faire gagner des matches
Contre l'ESS, le CSHL a vraiment donné l'impression de maîtriser son sujet.
Nous avons su saisir les opportunités pour tenir en échec l'ESS avant de faire la différence aux tirs au but. Nous avons un énorme potentiel et un très gros collectif. Notre mental et notre détermination ont prévalu contre l'ESS.
Vous avez été aussi impérial lors de ce match contre l'ESS.
Sans une bonne défense compacte et vigilante, un gardien, quel que soit son nom, ne peut faire la différence. Ce jour-là, j'ai eu la chance d'arrêter quelques actions dangereuses, les penalties de Traoui et de Chikhaoui, et failli arrêter le tir de Gelson. J'ai pris ma revanche sur le sort.
Quel est l'adversaire que vous préférez rencontrer en demi-finale ?
Incontestablement l'EST. Je rêve de battre les «Sang et Or» en demi-finale et de remporter la Coupe de Tunisie. La coupe au CSHL ! J'y crois énormément.
«Terminer en beauté cette saison»
Personnellement, quel est votre sentiment sur cette saison 2006-2007 bien réussie pour vous et votre équipe ?
J'espère que collectivement et personnellement on continuera notre progression et après la série positive en championnat avec huit matches sans défaite et une qualification pour les demi-finales, une nouvelle page va s'ouvrir. Nous avons actuellement tous les atouts pour terminer en beauté cette saison.
Pourquoi avoir choisi le poste de gardien plutôt que celui de joueur de champ
J'étais stopper au départ avec les minimes du CSHL, mais mon entraîneur Raouf Ladibi, m'a conseillé d'être gardien. J'ai refusé. Il a fallu son intervention auprès de ma famille pour que je change d'avis. Je n'en suis plus sorti et ça me mène vers un parcours comme ça, tant mieux pour moi ! «J'ai failli jouer à l'Etoile»
Vous souvenez-vous de votre premier match avec le CSHL ?
C'était avec les minimes du CSHL. Nous avons rencontré le club de Slimane. Ce jour-là, nous avons perdu (0-1), mais je suis sorti à dix minutes de la fin quand le score était vierge. Il m'a fallu dix ans pour que je sois titularisé avec les seniors en 2003. Nous avons gagné l'EOGK par 1-0. Je saisis cette occasion pour remercier mes entraîneurs : Raouf Ladibi, Mohamed Ayari, le gardien Gawa et Adel Mansour qui n'ont cessé de veiller sur moi pour être un bon gardien.
Vous avez fait un court voyage à Sousse ?
C'était en 2000. J'ai été contacté officiellement par l'Etoile pour signer une licence. Je suis resté un mois au centre de formation. Mais, je n'ai pas pu m'adapter à mon nouvel environnement. Je suis rentré à Hammam-Lif avec l'envie extrême de m'imposer au CSHL.
Quel est l'attaquant que vous redoutez en championnat national de Tunisie ?
Je n'ai peur de personne. Seuls Emeka et Jupiter constituent un danger. Mais avec ma bonne défense, les attaquants tunisiens ne sont pas percutants.
«L'âge : un faux problème pour un gardien»
L'âge est-il déterminant pour un gardien ?
C'est un poste où l'on a besoin d'être calme, d'avoir de l'expérience et de la maturité. Le fait de vieillir vous apprend encore plus dans votre métier et vous fait aborder les matches les plus importants avec beaucoup de recul et de lucidité. La sérénité n'a pas d'âge pour un gardien. C'est l'une des principales qualités d'un bon portier.
Comment gérez-vous le stress et la pression ?
Il ne faut pas que le gardien soit paralysé et que le stress ou la pression l'empêchent de tenter des gestes. Il faut se servir du stress pour être mieux concentré, plus performant et plus exigeant avec soi-même ! A titre personnel, je préfère les matches à pression que les rencontres amicales car automatiquement on est plus dedans.
Avez-vous un petit rituel avant les matches ?
Je ne suis pas genre superstitieux mais, il est vrai, quand j'arrive sur le terrain, j'aime faire toujours une «roulade».
Quel est votre ou vos exercices préférés ?
Je n'ai pas d'exercice préféré, mais la règle d'or est de toujours travailler ses défauts sans négliger les qualités.
Pour vous, quelles sont vos plus grandes qualités ?
C'est toujours difficile de parler de soi, mais mon parcours fait que j'ai dû me forger un mental pour gérer pas mal d'épreuves. Pour moi, c'est là la qualité la plus importante ! Au niveau technique, je laisse les observateurs parler pour moi.
«Mes idoles : Buffon et Sebaï»
Quel est ou a été votre idole dans les buts ?
Je n'ai pas d'idole, je sais que chaque gardien est différent et chacun a ses qualités ! Il y a des gardiens que j'apprécie et j'essaie de prendre ce qu'il y a de bien chez les meilleurs. Aujourd'hui, le meilleur au monde, c'est Buffon. Dida et Vandersar ont également de la classe. Mais en Tunisie, Sahbi Sebaï reste le meilleur pour moi.
Quel est votre tiercé pour le championnat ?
Le Club Africain malgré un calendrier plus ou moins difficile a assez d'arguments pour devancer l'ESS, qui me paraît irrégulière. L'USMonastir n'a pas un effectif assez riche pour jouer sur les deux fronts.
On parle de plus en plus d'une pénurie de gardiens en Tunisie ?
Les jeunes gardiens se font rares. Il faut chercher les causes ailleurs. Mais nous avons une génération qui monte à l'instar de Kasraoui, Balbouli et Nawali.
Quels sont les critères d'un bon gardien ?
Pour moi, un bon gardien, c'est un bon gardien ! Mais je pense que la taille est déterminante.
Quelles sont vos ambitions ?
Je suis gourmand de nature. J'ai envie de remporter la Coupe de Tunisie, de jouer à l'étranger, et de participer aux Jeux olympiques de Pékin, à la phase finale de la CAN et au Mondial.
Pensez-vous avoir convaincu Roger Lemerre et Maâloul qui étaient présents à la tribune ?
Je ne sais pas, mais je crois toujours à la sélection. Je suis ambitieux. Certes, je suis dans l'équipe olympique, mais il faut prendre les choses comme elles arrivent comme je l'ai toujours fait. En attendant, la sélection olympique doit arracher sa qualification avant le Botswana.
On parle de vous dans plusieurs clubs nationaux et étrangers !
Je suis sous contrat jusqu'à 2010. Les contacts ont eu lieu avec mon club. C'est tout ce que je sais !
La Presse (Tunis) : 11 Mars 2007